• Association UN AUTRE REGARD
Tuer la normalité

Je suis en colère ! J’ai peur !


Mon fils de 13 ans devient anorexique !


Mon cœur fond, mon ventre a mal !


Je suis en colère contre ce monde qui prône à tout prix une belle image !! Comme si la forme du corps et le nombre de kilos faisaient la personne ! Je suis en colère contre la pression que l’on fait subir, d’une manière ou d’une autre, à ceux qui sont « différents » ! DIFFÉRENTS… d’ailleurs ça veut dire quoi ? Qu’on n’est pas comme les autres ?! Qui est comme tout le monde ? A moins que l'on ne devienne des robots...


Ne peut-on pas tout simplement ETRE ? Ne peut-on pas être accepté si on est gros ?

En surpoids, en gros surpoids depuis quelques années, mon fils Pablo souffrait beaucoup de ne pas être « normal ». Il mangeait beaucoup, 2 voire 3 fois il se resservait… Je m’inquiétais un peu car j’avais l’impression qu’il n’avait pas de notion de faim, de satiété. Mais c’était sa façon de gérer, sans doute le stress, et toutes les choses qui se passent dans la tête d’un ado…

D’ailleurs, au début, il avait juste quelques kilos en dehors du fameux « IMC normal », rien d’affolant, il prenait encore plaisir dans la nourriture, sans prise de tête. Et puis lors d’un rendez-vous banal chez le médecin généraliste, cette docteur lui dit qu’il est "hors norme" de 3kg, qu’il est donc gros. J’ai eu beau essayer de rattraper les propos auprès de mon fils, ça a été un déclencheur pour lui d’une telle contrariété que rapidement, le stress, l’angoisse, la honte l’ont bouffé et l’ont fait bouffer ; et rapidement, ça n’a plus été 3kg de trop, mais 20 !

4 années ainsi, à se venger sur la nourriture, à avoir peur de manquer, à ne plus en prendre plaisir…

Et cet été, je ne sais pas, revirement de situation : après quelques abdos pour rigoler, il se prend au jeu, il commence à courir, il réduit les proportions en fonction de sa faim, il s’écoute, il fait du sport… et il maigrit, gentiment mais surement. J’étais impressionnée d’une telle rigueur, et lui était content du résultat sur la balance et aussi sur sa morphologie. Ça descend ça descend… Grisé par la perte, la balance ne tient pas plus d’une journée sans être consultée… Je commence à me dire que ça devient obsessionnel, mais il est heureux, en forme, donc je garde mes pensées pour moi… Clairement l’objectif et sa motivation étaient d’être au début de l’IMC "normal".

L’été se passe ainsi, et il retourne à l’école.


Sauf que là… tout part à vau-l'eau.

Encouragé, admiré, remarqué par les camarades de classe et de collège, gentiment le but de se sentir mieux se transforme en volonté d’être encore plus mince, pour ne plus JAMAIS revenir en surpoids et en obésité, et pour s'en assurer, aller un peu plus bas que prévu, au cas où ça remonterait un peu...

Gentiment je le vois réduire les quantités… réduire, et réduire… Il commence à être fatigué tout le temps… Je me dis que c’est l’adolescence et propose des vitamines, mais cela ne fait qu’empirer. Fatigué, de plus en plus mince, je commence à m’inquiéter vraiment. Il ne mange plus avec plaisir, même ses plats favoris il ne les mange pas, préférant que des fruits et du fromage blanc....
Il mange à la cantine donc je ne vois ce qu’il mange que le soir. L’IMC normal atteint, l’objectif change : être à la moitié de la fourchette, ce qui sous-entend 10 kg encore en moins ! Je suis de plus en plus inquiète, et de moins en moins écoutée quand j’essaie de lui parler.
Jusqu’à ce soir où il raconte sa journée, qu’il raconte que ses copains lui ont dit « tes parents paient pas 5€ pour que tu manges qu’une feuille de salade à la cantine ! » et que mon cœur de maman se tord de douleur !! Dans son assiette déjà pas très remplie, il avait mangé 2 cuillères à soupe de riz. Je le questionne sur son déjeuner, il me dit une pomme, de la salade et un œuf. Pas de petit déjeuner pas de goûter. En fait il n'y a quasiment rien dans son ventre !! Je le questionne sur son poids et là il m’annonce un chiffre qui contient 2kg de moins que 4 jours avant !! Et il ne voit pas le problème.

Là commence un cercle vicieux, dégringolant… l’anorexie.
Après la boulimie, l’anorexie.
Mon enfant se prive de manger. Mon enfant est pâle, sans énergie...

 

Autant je trouvais un autre regard à avoir sur son surpoids, le fait qu’il puisse être différent, oser vivre sa vie malgré certains regards malveillants, il avait plein d’amis donc était aimé pour autre chose que son corps… Autant là, dans le tourbillon dans cette dégringolade, il est difficile pour moi d’y trouver un autre regard, car on dirait que ça mène à la mort. Il s’isole, il perd ses amis, il ne fait plus rien, et il n'y voit pas de problème.


Comment je peux avoir un autre regard sur çà ? car là j'ai juste envie de tuer la normalité!!!

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